Mon projet d'installation éphémère s’est ancré dans la campagne de Ham-Nord. J'ai entrepris d'investir une maison abandonnée depuis 40 ans. Cette maison m'offrait un espace riche de traces, de mémoires et de vestiges, comme point de départ de mon projet.  Je l’ai baptisée La Tra-Versée puisqu’elle est traversée par les arbres. C’est également une référence à l’expression « traverser les catastrophes ». Elle porte un nom composé puisque je souhaitais isoler le mot « versée » qui décrit son état bancal. Le fait de créer à partir d’un lieu abandonné, c’est aussi créer à partir de la poussière et des débris. En transformant l’espace physique de la maison, elle est devenue, l’expression d’un rapport de force. Puisqu’elle est abîmée et ouverte, la maison ne joue pas son rôle premier de protection. Je prends la maison comme objet d’étude; un bâti architectural qui, par les traces laissées sur sa structure, révèle la mémoire de la catastrophe. Déserté, ouvert, défenestré; le refuge plonge le visiteur in medias res en plein éclatement; le temps est suspendu.

Montage: Carl Raymond